SANCTUAIRE NATUREL ET RECONNAISSANCE INTERNATIONALE
Émergeant abruptement de la plaine forestière environnante aux confins de la Guinée, de la Côte d'Ivoire et du Libéria, la chaîne des Monts Nimba culmine au mont Richard-Molard à 1 752 mètres d'altitude.
Inscrite au Réseau mondial des Réserves de Biosphère de l'UNESCO en 1980 et classée au Patrimoine Mondial de l'Humanité en 1981 (Réserve naturelle intégrale), elle constitue l'un des "points chauds" (hotspots) de biodiversité les plus précieux et singuliers du continent africain.
UN ENDÉMISME EXCEPTIONNEL ET DES ESPÈCES UNIQUES AU MONDE
Isolées par l'altitude et perpétuellement baignées de brumes océaniques, les crêtes du Nimba ont fonctionné comme un îlot écologique refuge au cours des ères géologiques :
- Le Crapaud vivipare du Mont Nimba (Nimbaphrynoides occidentalis) : Phénomène biologique unique au monde, cet amphibien ne pond aucun œuf et donne naissance à des petits entièrement formés après une gestation intra-utérine de neuf mois, s'adaptant à l'absence totale de cours d'eau pérennes sur les plateaux d'altitude.
- Chimpanzés utilisateurs d'outils (Bossou) : À proximité immédiate de la réserve, la communauté de chimpanzés de Bossou est mondialement réputée pour son utilisation experte de marteaux et enclumes en pierre pour concasser les noix d'Elaeis, étudiée depuis les années 1970 par l'Institut de recherche de Primatologie de Kyoto.
- Mammifères et chauves-souris endémiques : La micropotamogale du Mont Nimba (Micropotamogale lamottei), petit insectivore semi-aquatique apparenté aux loutres, et la chauve-souris feuille de Lamotte.
- Flore d'altitude : Plus de 2 000 espèces végétales identifiées, dont des prairies subalpines de haute altitude (Loudetia kagerensis) et des fougères arborescentes reliques.
MISSIONS SCIENTIFIQUES ET ENJEUX DE GESTION DU MAB
Le Service National MAB Guinée assure le monitoring permanent des indicateurs écologiques en collaboration avec le Centre de Gestion de l'Environnement du Mont Nimba et de Simandou (CEGENS) :
• Surveillance de la dynamique des populations du crapaud vivipare avant et après la saison des pluies.
• Préservation des corridors de connectivité biologique entre le massif guinéen et les versants ivoiriens.
• Sensibilisation des communautés riveraines de Lola contre les brûlis pastoraux tardifs qui détruisent la tourbe d'altitude.